• c'était hier…


  • Avant tout, et quoi que nous en disions, nous sommes épouvantés ! personne, et surtout pas ceux qui ont le courage de résister, ne mérite de mourir comme ça ! exécuté, sans pouvoir dire un mot, sans pouvoir exprimer le moindre message… foudroyé par la haine imbécile, sourde et aveugle !  Alors, bien sûr que nous sommes touchés, bien sûr que nous pensons avec émotion et tristesse à ces copains de toujours, et évidemment, nous sommes solidaires de Charlie blessé et nous le serons de Charlie renaissant, résistant… Mais au-delà de cette peine, nous qui sommes particulièrement attachés à l'expression libre, notre objectif depuis tant d'années, nous sommes aussi profondément irrités par l'utilisation de pure circonstance, superficielle, hypocrite,  qui est faite de cette notion ; nous saturons déjà des déclarations et des trémolos qui dégoulinent de nos télés et qui, en réalité, ne changent pas et n'ont aucunement l'intention de changer notre monde de merde.… 

    Vous avez dit « liberté d’expression » ?

    Et depuis quand vous importe-t-elle, la liberté d’expression ? Vous, les puissants, vous, les maîtres de la pensée dominante, vous les tartuffes, les règlementeurs, les censeurs, les communicants ?

    Et depuis quand avons-nous cette liberté, et les moyens de cette liberté, nous, les pauvres, les obscurs, les ordinaires ? Depuis quand acceptez-vous que l’on remette en cause votre ordre, vos décisions, vos profits, vos discours ?

    Certes, tout le monde n’utilise pas la kalachnikov pour imposer sa façon de penser, mais la «liberté d’expression», elle ne revient sur le tapis que quand elle est mise en cause par «les autres» : les méchants. Nous, les occidentaux, nous avons la liberté de rire, un peu, mais pas trop, de nous révolter, mais dans les clous, d’avoir des idées, oui, mais les bonnes !

    Ne nous faites pas rigoler, gens de pouvoir, la liberté d’expression, la liberté de pensée même, vous vous en tamponnez ! et vous savez la manipuler à votre avantage, dans un sens, puis dans l’autre…

    Tout ça pour dire que, dans l’horreur de ce qui est arrivé, ce n’est pas tant la liberté d’expression qui est en cause, mais la vie même de ceux qui ne se soumettent pas, de ceux qui sont morts sous les balles de fous de dieu, et en d’autres temps auraient pu être assassinés par les fachos du coin, ceux qui, en tous temps, ont lutté contre la connerie humaine d’où qu’elle vienne, l’intolérance, l’aliénation, le fascisme, le racisme, le pouvoir des religions, de l’argent-roi, l’injustice, l’inégalité etc. etc.

    Le problème c’est qu’ils sont morts, c’est qu’ils ne s’exprimeront plus, c’est vrai, et le problème c’est aussi ce flot de paroles inutiles qui accompagne leur mort, pour combien de jours ? qui sait ? combien faudra-t-il pour que les médias trouvent un autre sujet, même moins spectaculaire, mais nouveau ? n’est-ce pas la loi de la presse ? bien davantage que la liberté d’expression ?

    Ce ne sont pas des journalistes que nous avons perdus, ce sont des êtres humains. Ils avaient choisi la caricature, la dérision pour dire des choses, mais c’étaient avant tout des personnes, des copains, avec des idées qui ne plaisaient certainement pas à nos hommes et femmes politiques, si "émus" aujourd'hui !

    Il y aurait tant à dire sur ce qui génère la dérive meurtrière, insensée de ces déments qui sont capables de tuer pour un dessin, pour qui la mort ne veut rien dire d’autre que la démonstration de leur supposée puissance, que l’on ne peut que trouver dérisoire ce qu’il en ressort, et ce qui va en découler, de racisme larvé, de déclarations de pure forme, et, au fond, d’indifférence profonde.

    Aujourd’hui, l'émotion, un monde fou dans les rues, on peut s'en réjouir, mais hélas demain, le train-train, les sous, le travail, la famille, et bien sûr, la patrie !

    à suivre

    ----------------------------------------------------------------------------
    Samedi 17 janvier 2015

     Suite

     Liberté d’Expression ou Expression Libre ?

    Des millions de personnes ont donc «manifesté» leur revendication de liberté d’expression. C’est bien. Mais de quoi s’agit-il ? sans doute du refus de la censure, un peu, mais surtout, et c’est plus que légitime, du refus d’être tué pour ses idées.

    Dans la tête de la multitude de gens qui étaient là, tous les « Je-suis-Charlie », on peut se demander s’ils pensaient à leur propre possibilité d’expression, où si cette revendication ne restait pas un peu théorique, réservée à ceux qui ont le rôle de «s’exprimer», les journalistes, les dessinateurs, les écrivains, les artistes…

    C’est déjà pas mal, dans un pays où l’on censure encore, quoi qu’on en dise, et où l’on peut tout dire, mais quand même…  un maire peut empêcher une exposition qui ne lui plaît pas, un ministre peut interdire un spectacle, certes assez infâme, mais où est la limite ? Ne vaudrait-il pas mieux combattre les idées par les idées que d’interdire ?

    Bien sûr, ce n’est pas de l’assassinat, mais ce n’est pas la liberté non plus, même si encore une fois, en France, nos spécialistes en parole, en critique et en humour peuvent aller assez loin…

    Est-ce que cela peut nous suffire ?

    La liberté d’expression est un droit, qui se défend, qui se revendique… c’est un minimum.

    L’Expression Libre est autre chose : c’est l’indépendance de la réflexion et de la parole de chacun de nous, individuellement ou en groupe ; c’est la résistance à l’endoctrinement, à l’abrutissement, c’est le refus de la soumission aux discours imposés ou hypocritement distillés, de l’abrutissement généralisé, c’est aussi la construction d’espaces de liberté, de rencontres et d’échanges. Ce n’est pas la télé, ce n’est pas la presse, ce ne sont pas les discours des « spécialistes ».

     L’expression libre, c’est l’autonomie de l’individu, son droit à construire ses propres croyances, ses convictions, à pousser ses gueulantes s’il en a envie, à contester les idées reçues…  et surtout à avoir les moyens de le faire, le courage de le faire, la liberté de  le faire.

     L’expression libre c’est l’insoumission aux discours lénifiants, aux images trompeuses, aux discours dominants, aux baratins et à la notion même de «spécialiste»

    L’Expression libre, c’est accoucher, souvent dans la douleur, d’une pensée et d’une parole personnelles, et arriver à les partager, à en débattre…

    Tout est à tous… et avant tout, le droit à la parole !

     


    votre commentaire
  • des nouvelles du Hangar de la Cépière


    votre commentaire
  • Stand-by : Le Hangar de la Cépière en jachère !


    votre commentaire
  • Intimement liées depuis 40 ans, se soutenant l'une l'autre, l'AAEL et l'Imprimerie 34 abordent aujourd'hui une période difficile.

    L'AAEL, association à but non lucratif, créée un an avant que ne germe le projet d'imprimerie qui s'est concrétisé au 34 de la rue des Blanchers le 1er avril 1973, par les mêmes personnes ou à peu près, est toujours restée la branche libre, frondeuse, assez méconnue et contente de l'être, sans beaucoup de préoccupations financières ou administratives, la "soupape" en quelque sorte. Aidée en cela, bien entendu, par les moyens qu'avait su développer l'imprimerie.

    Et tandis que l'aael poursuivait, discrètement, son chemin de traverse, très vite, l'imprimerie 34 est devenue un symbole, identifiée dans plusieurs engagements politiques et victime de nombreux attentats, du fait de ces engagements, puis reconnue, au fil des ans, pour ses compétences et sa disponibilité, son esprit de solidarité.

    Faisant face à de nombreuses difficultés, les surmontant toujours, mais au prix d'heures de travail inimaginables, d'efforts de diversification, rebondissant sur de nouveaux projets, se débattant souvent dans un quotidien fait de marchés, de banquiers, de contrôleurs et de créanciers divers, hantée par l'objectif malheureusement, mais nécessairement, commercial, afin que tous ceux qui travaillent puissent vivre de leur travail, la coopérative I34 s'est maintes fois enlisée dans les difficultés financières, judiciaires, les recherches d'aides et les redressements…

    Jusqu'à présent elle s'en était toujours sortie.

    Il en va autrement aujourd'hui, puisque l'imprimerie se retrouve en liquidation judiciaire, malgré les soutiens et la solidarité qui nous ont été apportés.

    Nous en sommes très affectés, mais nous croyons en l'avenir et, incorrigibles optimistes, nous espérons en de nouveaux projets. Déjà, le journal culturel Flash a pu être sauvé, et une petite équipe s'est reconstituée pour assurer sa parution.

    Et, certes, le secteur de l'imprimerie est en crise – comme toute l'activité économique, mais un peu plus encore – certes, l'expression écrite imprimée est en perte de vitesse, face à l'audiovisuel et surtout internet. Mais il reste un milieu qui écrit et qui lit, qui souhaite encore connaître une structure de confiance pour imprimer ses publications, et nous espérons qu'une entreprise nouvelle, conçue sur des bases dans lesquelles nous nous reconnaîtrons, va pouvoir se reconstruire et satisfaire ces besoins.

    Quant à l'AAEL, toujours sise au 8 rue de Bagnolet, partageant, depuis le début en 2000, le projet, les luttes, la mise en œuvre et aujourd'hui le local de "Vivre à la Cépière : LE HANGAR", elle continue sa route, avec tous ses partenaires, actuels et futurs.

    L'EXPRESSION LIBRE, c'est-à dire le droit et les moyens pour tous d'exprimer opinions, sentiments et réflexions personnelles ou collectives, reste notre principal objectif. Faciliter les initiatives, la prise en main de sa propre existence, contribuer à la solidarité, au sens du collectif, de la responsabilisation de chacun dans la vie sociale, à la lutte contre toutes les exclusions… Il semblerait qu'il nous reste du pain sur la planche, non ?

     

    l'AAEL et l'Imprimerie 34

    L'Imprimerie, fresque en trompe-l'œil, après l'attentat qui l'a dévastée. 1976.

     

    l'AAEL et l'Imprimerie 34

    L'aael et l'imprimerie 34, en 2001


    votre commentaire
  •  

    Samedi 30 novembre : Anarphabète

     

    Le 8ème salon du livre Anarphabète,

    se tiendra le samedi 30 novembre,

    au 8 rue de Bagnolet, comme d'habitude.

    Venez nombreux, le livre n'est pas mort,

    l'esprit critique et l'expression libre sont au rendez-vous.

    Comme toujours, l'ambiance sera conviviale,

    les auteurs disponibles, la restauration simple mais suffisante,

    et on boira un coup à tous nos projets, décapants si possible ! 

     

    Sortie du livre :

    "manuel d'économie à l'usage de celles et ceux qui n'y comprennent rien !"

    de Patrick Mignard, qui sera présent,

    pourra dédicacer son livre et discuter avec les visiteurs.

     

    Samedi 30 novembre : Anarphabète

     plus d'infos sur le livre en rubrique : publications : vient de paraître

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique